Liberté Chérie

Crise du logement : quand la société du spectacle masque les causes réelles du problème

par Harald
Cette année, l’hiver semble moins rigoureux et pourtant le douloureux problème des quelques 86.500 sans domicile fixe est au cœur des débats comme il l’aura rarement été jusqu’à présent. Serait-ce dû à l’élection présidentielle imminente ? On peut effectivement se poser la question. Car à y regarder de plus près, lorsque les comités de quartier du boulevard Jules Ferry ont exigé le déménagement d’un campement de sdf jugé insalubre, envahissant et bruyant, les média se sont montrés discrets. Ils se sont montrés encore plus discrets lorsque Bertrand Delanoë a fait procéder à l’évacuation des tentes stationnées sur les berges de la Seine afin que la misère de certains ne vienne gâcher le plaisir des bobos parisiens venus se dorer la pilule à Paris Plage. Ont-ils seulement relaté l’incendie, supposé d’origine criminelle de 4 tentes de sdf survenu en juillet près de la gare de l’Est ?

Le remue-ménage salutaire déclenché par les actions de l’association « Les Enfants de Don Quichotte » a au moins le mérite d’agiter les consciences, de secouer la torpeur des esprits égoïstes qui semblaient avoir oublié le principe de charité. Malheureusement, dans un pays où l’état providence pèse de plus en plus lourdement dans la vie quotidienne de chacun, penser autrement la solution de ce problème apparaît impossible. La réponse du gouvernement, qui se limite au « toujours plus » (de foyers en l’occurrence) montre que les gens aux commandes sont débranchés des réalités. Ceux qui sont au contact quotidien avec les sdf savent qu’ils sont nombreux à refuser d’y passer la nuit. Le vol, la violence de certains sans oublier le fait qu’ils ne peuvent être hébergés en couple ou que leurs compagnons à 4 pattes y sont refusés agissent comme autant de repoussoirs. Ce n’est pas en augmentant le nombre de places en foyer que l’on résoudra la situation mais en repensant l’accueil.

Par ailleurs, il y aurait environ 100.000 personnes mal logées ou sans logement. Il ne s’agit pas cette fois de sdf, mais de salariés qui n’arrivent pas à trouver de logement en raison de la faiblesse de leurs revenus, de leur manque de garantie, etc. Cette souffrance, est d’autant plus intolérable qu’elle trouve sa source dans les actions de l’état. A force de vouloir jouer les nounous à grand renfort d’assistanat, l’Etat, prélèvement après prélèvement, appauvrit les français et concourt au renforcement de la précarité. En imposant aux propriétaires une fiscalité de plus en plus lourde, l’Etat contribue à la hausse des loyers. En outre, en se montrant exagérément protecteur envers les mauvais payeurs, il pousse les propriétaires à se montrer très sélectifs. A cela il faut ajouter les ambitions urbanistiques des divers maires successifs qui tendent à vider les grandes villes de leurs traditionnelles composantes populaires. Mandat après mandat, elles sont devenues de véritables réserves pour bobos agrémentées de quartiers d’affaires, le tout saupoudré de musées, galeries, cinémas sans oublier quelques services et commerces de proximité.

Bien entendu, aucun candidat ne pointera cela. Ce serait reconnaître que leurs actions passées, lorsqu’ils avaient les rênes du pouvoir entre leurs mains, se sont montrées nuisibles. Et puis, si d’aventure ils rendaient leur liberté aux français, ces derniers risqueraient de se rendre compte qu’ils ne sont pas aussi indispensables que cela. Bien au contraire, nous assistons à une fuite en avant insensée, une sorte de surenchère obscène où chaque présidentiable se sent obligé de faire plus que les autres concurrents. Tout citoyen sensé sait que chaque « droit à » ne peut exister que par la mise en place d’une « contribution » obligatoire des citoyens imposables. Nous sommes à un tel point que la fiscalité française notoirement confiscatoire prélève en moyenne 55% du revenu des français. Pourtant, malgré cette débauche de solidarité nationale obligatoire, l’Etat n’arrive toujours pas à juguler la paupérisation croissante qui pousse chaque année de plus en plus de gens dans la rue.

C’est donc en toute logique que les présidentiables proposent de nouveaux « droits à » opposables devant les tribunaux. Nouveaux « droits à » qui les conduiront à explorer de nouvelles pistes fiscales. Choses qui, n’en doutons pas un seul instant, n’auront d’autre effet que d’affaiblir la situation de tous les salariés.