par Judith Waintraub
Source : Le Figaro
Les Réformateurs de l'UMP, les parlementaires de Génération entreprise et les principaux clubs et associations de la mouvance libérale se sont réunis hier soir à Paris pour adopter une «
plate-forme » commune, constituée de six propositions. Elles seront sou-mises au futur président du parti majoritaire, avec lequel les libéraux souhaitent passer un «
contrat », mais aussi au premier ministre, dans l'espoir d'inciter Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Raffarin à rivaliser d'«
audace réformatrice ».
L'initiative de ces premières Rencontres de la réforme » revient à Hervé Novelli, député d'Indre-et-Loire et fondateur du mouvement des Réformateurs de l'Assemblée nationale, qui souhaite renforcer l'influence de sa sensibilité dans la perspective de la présidentielle de 2007. Selon lui, la succession d'Alain Juppé ouvre aux libéraux une «
fenêtre de tir » dont ils doivent profiter avant que la rivalité des ambitions pollue le débat d'idées à droite. Vis-à-vis du gouvernement comme de Nicolas Sarkozy, à propos du-quel le député d'Eure-et-Loir Jean-Pierre Gorges, coprésident des Réformateurs, a tenu à préciser :
«On soutiendra le président de l'UMP au pro-rata du soutien qu'il apportera à nos idées. »
Les "Rencontres" ont ré-uni hier un bon millier de participants à la Maison de la Chimie, dont le ministre de l'Industrie Renaud Dutreil et le président du groupe UMP de l'Assemblée Bernard Accoyer. Ce dernier a jugé « po
sitives » les interventions de parlementaires (les Réformateurs comptent 70 députés et sénateurs) mais il a fort peu apprécié ce qu'il a appelé les
excès » de certaines des associations présentes. Une cri-tique qui vise Sabine Hérold, présidente de Liberté chérie, qui a fait siffler Jacques Chirac en évoquant à la tribune ses promesses
« non tenues », notamment en ce qui concerne l'instauration du service minimum.
La première proposition adoptée hier reprend la conclusion du rapport réalisé par Hervé Novelli dans le cadre de la mission d'information de l'Assemblée nationale sur les conséquences des 35 heures. Constatant l'impossibilité de revenir sur la durée légale du temps de travail, il suggère que «
tout salarié puisse négocier sa durée de travail, individuellement ou collectivement ». L'oppositionréitérée de Jean-Pierre Raffarin à toute remise en question de la RTT dans le secteur public ne décourage pas le député d'Indre-et-Loire, qui rappelle qu'après avoir
« enterré » son rapport, le premier ministre s'est finale-ment «
résolu à assouplir » les lois Aubry. La deuxième proposition vise à «
instaurer un service public garanti par la loi aux citoyens, et en premier lieu dans les transports, afin de garantir la liberté de circulation ». La troisième, consacrée à la revalorisation du pouvoir législatif, stipule que «
toute proposition de loi signée par une majorité des membres de l'Assemblée ou du Sénat soit inscrite à l'ordre du jour ».
Mardi dernier, à Argenteuil, le passage du discours de Nicolas Sarkozy sur les députés qui ne doivent pas être condamnés «
à applaudir ou à se taire » a été diversement apprécié dans les rangs des élus Réformateurs. Hervé Mariton, député de la Drôme, estime que le futur patron de l'UMP «
a eu tort de faire comme si ceux qui ont quelque chose à dire l'avaient attendu pour s'exprimer » et estime que cette «
mal-adresse » du ministre de l'Economie explique la relative froideur des parlementaires à son égard.
Pour Hervé Novelli, Nicolas Sarkozy s'est borné à
« constater que les institutions de la V' République organisent l'impuissance du Parlement et encouragent l'exécutif à empiéter large-ment sur les prérogatives du législatif ». « Nous n'avons pas de raison de nous méfier de Nicolas Sarkozy », plaide-t-il, tout en précisant que «
la composition de l'équipe » dont s'entourera le successeur d'Alain Juppé devra «
illustrer sa volonté de prendre en compte la sensibilité réformatrice ».
Les libéraux comptent aussi sur Nicolas Sarkozy pour défendre leur proposition de
mettre l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune)
au service de l'emploi ». « Pour l'avenir », ils ont également adopté une proposition de ré-forme fiscale globale et une proposition de refonte du statut de la Fonction publique, auxquelles ils espèrent rallier le candidat qui portera les couleurs de l'UMP en 2007.